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Pahé ; La caricature objet de la discorde entre entre le gendarme et le caricaturiste. |
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Patrick Essono, dit Pahé, a passé 36 heures sous les verrous le 25 septembre dernier après avoir caricaturé deux gendarmes dans un débit d'alcool.
Attablé dans le même endroit, le célèbre caricaturiste gabonais a expliqué qu’il avait voulu leur offrir le dessin qu’il venait de faire d’eux mais «les choses ont pris une tournure bizarre», les gendarmes n’ont pas du tout apprécié la caricature.
Les gendarmes ont notamment reproché au dessinateur d'avoir réalisé sa caricature sans autorisation des intéressés et d'avoir représenté l'un des gendarmes en treillis. Les agents de force de l'ordre ont estimé «qu'avec la situation qui prévaut dans le pays, il n'est pas bon de poser certains actes», rapporte Pahé.
L'un des gendarmes a accepté les excuses du dessinateur, mais l’autre se serait énervé. Pahé raconte que ce dernier l'aurait menacé de «prendre son arme dans son véhicule pour me mettre une balle dans la tête si je continue mon petit jeu».
Et puis, après avoir appelé du renfort, «d'un revers de sa main [il] soulève violemment la table et me met une gifle pendant que ses enfants me ceinturent», poursuit le dessinateur.
Pahé est menotté et emmené «manu militari dans la voiture comme un terroriste». Le véhicule prend la direction du Cap Estérias, où est affecté l'un des gendarmes. Pris de panique, «je tente le tout pour le tout. J'essaie d'attraper le volant afin de créer un accident sur l'autoroute», relate Pahé, précisant que l'accident a été évité de justesse.
Le voiture change alors de destination et le dessinateur est emmené à la gendarmerie de Gros-Bouquet, à Libreville, où il est mis en cellule sans même avoir fait sa déposition. Il a tout de même pu envoyer un message de son téléphone portable à un journaliste de l'AFP pour l'alerter de la situation. Il passera la nuit du 25 au 26 septembre en cellule. Le lendemain, il est conduit à la gendarmerie du Cap Esterias où il a passé une deuxième nuit.
Pahé a affirmé avoir connu un traitement correct après son interpellation, déplorant toutefois le fait qu’il ait été arrêté sans que personne ne prenne sa «version des faits». La caricature à l'origine de ce conflit mettait en scène les deux gendarmes, un en civil et l’autre en tenue avec la mention «aux 2 buveurs de Guinness. Bonne soif».