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Static/ACI - C’est sans aucun doute le décès du Président Omar Bongo Ondimba qui a généré les plus grandes craintes sur la stabilité politique, et donc économique, du Gabon. |
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L’année de 2009 qui vient de s’achever et qui a été qualifiée d’année noire par de nombreux Gabonais, n’aura forcément pas été celle des performances économiques. La série noire nationale a commencé avec la crise financière internationale. Elle s’est amplifiée avec les décès de la Première dame, Edith-Lucie Bongo, et du président de la République, El Hadj Omar Bongo Ondimba dont les obsèques puis le remplacement à la tête du pays, au terme d’une élection présidentielle âprement discutée, ont sérieusement miné l’économie du pays.
Durant l’année 2009, le front social s’est particulièrement ébranlé avec des grèves mémorables dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Les enseignants réunis au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) ont en effet observé une grève de six mois tandis que ceux fédérés par le Syndicat national des enseignants du supérieur et chercheurs (SNEC) ont battu le pavé 3 mois durant pour réclamer, tous deux, la régularisation de leurs situations administratives et l’amélioration de leur condition de vie et de travail.
Durant les cinq premiers mois de l’année 2009, le secteur de la santé a également été paralysé par une grève des agents regroupés au sein du Syndicat national des professionnels de la santé (SYNAPS) qui revendiquaient la régularisation des actes administratifs, la promulgation du projet de loi portant fonction publique et hospitalière, l’élaboration des textes organisant les centres hospitaliers régionaux ainsi que la mue de l’ENAPS en institut supérieur de formation sanitaire. D’autres secteurs ont également emboîté le pas pour alimenter l’embrasement du front social, notamment les Affaires sociales, l’Économie forestière, les Mines, les Travaux publics ou encore la Fonction publique.
Les deux deuils nationaux et la transition
C’est dans ce contexte qu’intervient le décès, coup après coup, du couple présidentiel Edith Lucie et Omar Bongo Ondimba, respectivement le 14 mars et le 8 juin 2009. Le décès du président de la République laisse un véritable gouffre tant sa longévité et l’exercice centralisé du pouvoir n’avait pas préparé le Gabon à une quelconque transition. Le Gabon économique et financier plonge alors dans l’incertitude. Des chefs d’entreprises envisagent de fermer boutique, ainsi que l’explique Emmanuel M, promoteur d’une PME d’entretien de bateaux : “Beaucoup de mes amis français et même africains expatriés ont craint que le pays ne bascule dans la violence voire dans une guerre civile pour la prise du pouvoir. Craignant donc pour leurs affaires, ils ont fermé boutique et sont allés s’installer ailleurs. Cela ne s’est pas beaucoup fait ressentir parce qu’il s’agissait de toutes petites entreprises ayant parfois moins de 10 employés… Je ne citerai personne parce qu’il s’agissait dans la plupart des cas de fermetures informelles et parce que nombreux d’entre eux reviennent maintenant que tout s’est passé sans grand fracas, hormis quelques entreprises pillées ou incendiées à Port-Gentil.”
Ce climat d’incertitude et de crainte aurait contribué à la baisse des importations. M. Tidjane, importateur malien exerçant dans le textile, raconte : “Nous faisons venir d’Italie des conteneurs de vêtement qui sont revendus à la plupart des prêt-à-porter de Libreville. Généralement la marchandise nous était envoyée sur la base d’une confiance qui s’est établie avec les fournisseurs depuis de longues années et nous payons souvent à échéance, pas toujours à la commande. Mais, à la mort du président Bongo, nos fournisseurs italiens ont refusé de nous expédier de la marchandise payable à terme comme d’habitude. Ils avaient peur de perdre de l’argent si le pays s’embrasait. Ils nous ont même exigé de solder quelques reliquats que nous leurs devions.”
Il va sans dire que durant toute la période transitoire, de nombreux entrepreneurs qui envisageaient créer une affaire au Gabon ou simplement y investir financièrement, ont reporté leurs projets. Tout comme “de nombreux hommes d’affaires ont dû retirer leur argent des banques, soit pour le thésauriser chez eux soit pour l’envoyer ailleurs”, assure un gestionnaire de BGFIBank ayant requis l’anonymat. Ce qui est conforté par Marc T. O., gardien SGS affecté à la surveillance d’un bureau Western Union : “Quand le président Bongo est mort, beaucoup de gens, surtout les commerçants Ouest-africains ont commencé à envoyer de grosses sommes d’argent chez eux. Comme il y a un montant d’envoi à ne pas dépasser, certains arrivaient à plusieurs pour envoyer tour à tour l’argent d’un seul et même commerçant. Parfois le même homme d’affaires revenait plusieurs jours de suite faire des envois d’argent à l’étranger.”
Le contexte contraint donc de nombreuses entreprises à la diète. Les commandes se font rares, les paiements traînent le pas, les banques rechignent à prêter. De nombreuses structures sont obligées de procéder à des licenciements, à des réductions de salaires ou à l‘économie sous d’autres formes. Gervais Bouanga Ngoma, qui gère Lowa TV et la radio Malébé FM dans la province de la Ngounié, explique : “Quelques jours seulement après le décès du président Bongo, les annonceurs de notre radiotélévision ont suspendu les contrats publicitaires que nous avions. Même les institutions internationales qui soutenaient certains programmes communautaires de la radio, ont bloqué leur aide. Ils invoquaient tous la crise financière internationale, mais il y avait surtout la crainte d’une déstabilisation du pays due à la disparition du président […] J’ai dû réadapter la gestion de la structure. J’ai supprimé les avances sur salaires et autres bons de caisse, j’ai annoncé l’annulation des promotions statutaires annoncées, j’ai réduit le nombre de reportages, de reporters et j’ai dû me séparer des stagiaires que nous avions.”
Aussi, faut-il inscrire, à l’actif du Gabon pour l’année qui vient de s’achever, la réussite du processus de transition qui n’a pas connu le scénario catastrophe que beaucoup craignaient et qui a débouché, sans trop de heurts, à l’élection d’un nouveau président de la République. Celui-ci hérite malgré tout d’un pays marqué par le ralentissement de l’économie consécutif à la disparition de la pièce maîtresse d’un système vieux de 42 ans et par les effets de la crise financière internationale qui n’a pas épargné le Gabon.
Les conséquences de la crise financière internationale
On ne saurait isoler l’année 2009 de celle qui l’a précédée. L’année 2008 est en effet celle durant laquelle la crise financière internationale a commencé à se généraliser après avoir débuté durant l’été 2007 par la crise des subprimes aux États-Unis. La crise financière internationale, ne touchant apparemment que les pays industrialisés, les économistes gabonais ont d’abord pensé que leur pays en était à l’abri. Paul Toungui, alors ministre de l’Economie et des Finances, Casimir Oyé Mba, alors ministre des Mines et du Pétrole, Henri Claude Oyima, président directeur général de la BGFIBank, Marcel Abéké, directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), Jean Philipe Magnan directeur général de Total Gabon, Hans Bakker alors directeur général de Shell Gabon ainsi que le responsable de la société Perenco Gabon, Eric Faillenet, s’étaient tous montrés sereins et assuraient qu’il n’y avait pas péril en la demeure. Une certaine prudence était tout de même de mise qui a décidé de la création d’une cellule d’information permanente pour prévenir les fluctuations de l’économie internationale et ses répercussions sur l’économie gabonaise. La prudence de deux ministres gabonais, Paul Toungui et Casimir Oyé Mba, n’a pas été démentie par la suite, ainsi qu’on le verra avec les conséquences de cette crise internationale sur le Gabon.
Dès le mois de janvier 2009, dans l’Ogooué-Lolo, la compagnie d’exploitation forestière Corà Wood Gabon et la Société forestière industrielle de Koulamoutou (SFIK), frappées de plein fouet par la crise financière internationale, ont été obligées de licencier. La première s’est délestée de 86 employés sur les 150 qu’elle comptait tandis que la seconde s’est séparée de 59 ouvriers et mis en chômage technique 60 travailleurs en contrat à durée indéterminée (CDI). Le directeur d’exploitation de la SFIK, Jérôme Lauhiengiyii, expliquait alors que son entreprise enregistrait d’énormes problèmes d’écoulement auprès de ses acheteurs français, italiens et sud-africains et qu’il se battait pour que sa société ne mette pas la clé sous le paillasson à l’instar de ses collègues de Bonus Harvest et de l’Exploitation gabonaise de bois (EGG), qui avaient déjà déposé le bilan.
Le secteur minier a également été frappé. C’est ainsi que la Comilog qui s’était fixé le défi de produire trois 3,5 millions de tonnes de manganèse en 2009, s’est vu obligée de ne produire que 3,25 millions. La compagnie a pris des dispositions pour éviter les licenciements ou le chômage technique. “Ce sera vraisemblablement le dernier recours, il n’est pas question pour nous d’aller au chômage technique ou au licenciement avant d’avoir révisé tous les gisements de l’économie”, assurait alors Marcel Abéké.
Le premier trimestre de l’année 2009 ne laissait en effet présager rien de bon. Les indicateurs économiques du Gabon ont affiché une baisse dans tous les secteurs d’exportation (pétrole, manganèse, bois et caoutchouc) et dans les branches connexes telles que les transports. Toutefois, malgré les faibles résultats du ciment et du BTP, l’activité dans les secteurs secondaire et tertiaire a affiché de bons résultats, notamment grâce au dynamisme de la téléphonie mobile et des autres services.
On peut lire alors dans une note de conjoncture de la BEAC publié le 15 juin 2009 : “Au niveau du secteur primaire, la production de pétrole a fléchi de 1,3 % pour s’établir à 2,8 millions de tonnes, en raison des mauvais résultats obtenus par les sociétés Marathon (-34,1 %), Vaalco (-5,4 %) et Total Gabon (-5,0 %), consécutifs au dysfonctionnement des installations de production et à l’indisponibilité des appareils de forage. Pour sa part, la production de manganèse a chuté de 59,5 % pour se situer à 343 089 tonnes, en liaison avec l’atonie du marché sidérurgique mondial. Enfin, la morosité des marchés chinois et européen des bois tropicaux continue de peser sur les exportations de grumes qui se sont contractées de 29 % au cours de la période sous revue, pour un volume total de 359 892 m3.”
Au niveau des finances publiques, la note de conjoncture sus citée mentionne alors : “Au premier trimestre 2009, la gestion des finances publiques s’est soldée par une contraction des soldes budgétaires comparativement à la même période de l’année 2008. En effet, les recettes totales de l’État se sont élevées à 349,6 milliards à fin mars 2009, contre 506,3 milliards un an plus tôt. Cette baisse, de l’ordre de 31 %, est essentiellement due à la chute des revenus pétroliers, plombés par la faiblesse des cours sur le marché international et des exportations en net recul. En revanche, les recettes hors pétrole se sont accrues de 5,1 %, à 166,5 milliards, grâce à la bonne tenue des impôts directs et, dans une moindre mesure, des taxes indirectes.”
Six mois plus tard, à la fin de l’année 2009, l’économie du Gabon n’affiche toujours pas les signes d’une santé éblouissante. Les agrégats économiques n’étant pas encore totalement compilés, les prévisions annoncent une chute de 58% des recettes pétrolières en raison de la baisse des cours (prévision désormais à 40-45 USD en moyenne).
Concernant l’industrie forestière qui est le deuxième secteur économique du pays, l’année 2009 a été particulièrement délicate, les prévisions la concernant font état de 1,9 million m3 exportés, soit une diminution de -24% en un an. Les perspectives laissent également entrevoir que pour 2009, le recul de la production mondiale d’acier a lourdement affecté la commande au Gabon, si bien que la production 2009 ne pourrait atteindre que 1,5 Mt.
Selon la fiche de synthèse des Services économiques de l’ambassade de France, “En 2009, les recettes budgétaires devraient diminuer de 36% par rapport à 2008, en raison notamment de la forte diminution de la rente pétrolière (-58%) alors que les dépenses totales ne devraient diminuer que de 3,2%.”
Perspectives et projets 2010
Le 11 décembre dernier, Blaise Louembé, ministre gabonais du budget, a présenté au Conseil des ministres le détail du budget 2010, qui devrait bénéficier de la timide reprise économique mondiale prévue l’année prochaine avec une croissance de 3% à 3,1%. L’État gabonais table pour 2010 sur un budget de 2 096 milliards de francs CFA, soit près de 25% de plus que l’année précédente dont le budget avait été arrêté à 1 541,6 milliards de francs CFA.
Au plan national, la croissance devrait se situer aux alentours de 6,5%, contre une prévision de -0,8% en 2009, une hausse qui serait principalement due à une reprise évaluée à 7,6% du secteur non pétrolier, alors que les activités de “l’or noir” pourraient ne connaître qu’une croissance de 1,6%. Le ministre du Budget estime par ailleurs que le prix du baril de pétrole devrait augmenter de 68% en 2010, pour se situer autour de 66,7 dollars le baril. Les exportations de manganèse connaîtraient, elles, une augmentation de 38,4% grâce à la reprise programmée de l’industrie sidérurgique mondiale. Le secteur forestier qui va certainement pâtir de la nouvelle mesure d’interdiction d’exportation des grumes, devrait toutefois connaître une hausse de 27,3% de la demande extérieure de bois divers.
Sur les 2096 milliards de francs CFA prévus pour gérer l’exercice 2010, 940,2 milliards seraient issus des recettes pétrolières, 774,8 milliards des recettes non pétrolières et 376,9 milliards d’emprunt. 57,2% de ce budget devrait être consacré aux dépenses de fonctionnement, contre 42,8% (897,5 milliards de francs CFA) réservés à l’investissement, dont plus de 90% pour le développement du pays, soit 822,3 milliards.
Sur les 897,5 milliards d’investissement, 200 milliards seront réservés aux projets en cours ; le reste aux nouveaux programmes, à hauteur de 544,3 milliards pour les Infrastructures ; 62 milliards pour la Défense ; 68,8 milliards pour la Santé ; 38 milliards pour la Formation, l’Éducation et la Recherche ; 40 milliards pour l’Habitat ; 35 milliards pour l’Agriculture ; 11,1 milliards pour le Commerce, les PME et l’Industrie, et enfin 83,2 milliards répartis entre les autres secteurs.
Dans son discours de présentation de vœux de nouvel an à la nation, le 31 décembre dernier, le nouveau président de la République, Ali Bongo, a indiqué que ce budget record doit notamment être alloué à des chantiers prioritaires que sont la route, la santé, l’habitat, l’éducation, l’enseignement professionnel et l’énergie qui “bénéficie d’une attention soutenue”, selon l’expression d’Ali Bongo qui a ajouté : “dans cette optique, en plus des projets en cours d’exécution, je pense au grand barrage de Poubara, qui va démarrer très bientôt. C’est le cas des barrages des chutes de l’impératrice Eugénie dans la Ngounié et de l’Okano […] Le Gouvernement va s’attaquer dès ce mois de janvier au fonctionnement de la SEEG, qui présente depuis quelques temps des manquements difficilement supportables et qu’il faut impérativement éradiquer.”
Concernant les transports qui demeurent l’une des grandes plaies du Gabon, Ali Bongo s’est engagé à une restructuration rapide et profonde de la Société gabonaise des transports (SOGATRA) au premier semestre 2010 avec la mise en place d’“un nouveau système de transport urbain à Libreville et Owendo avec un parc de trente bus neufs. Ce nombre ira croissant mensuellement pour disposer fin 2010 d’au moins 100 bus de différentes envergures”. Concernant les préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2012, le président a assuré que “les travaux déjà en cours sur les Stades Président Bongo Ondimba, Avorbam et Franceville seront accélérés pour tenir compte des délais prescrits par la Confédération africaine de football (CAF)”, et s’est engagé “pour que tous les travaux soient effectivement entrepris et complètement réalisés dans le respect des cahiers de charges retenus”.
A cet effet, le nouveau président des Gabonais a assuré qu’il veillerait “à l’application stricte des procédures légales d’attribution des marchés publics, afin de finir avec les avis abusifs de non-objection et les multiples avenants à la mode dans l’attribution des marchés publics”, estimant que “la livraison des travaux, ne doit plus être du domaine du virtuel, ils doivent être visibles sur le terrain.”
Des promesses qui s’inscrivent dans la droite ligne des axes du programme sur la base duquel il a été élu : “L’avenir en confiance”. Le seul absent à la liste des résolutions de 2010 d’Ali Bongo reste l’augmentation du Salaire minimum garanti (SMIG) à 150 000 francs CFA, une des promesses phare de sa campagne qui devait entrer en vigueur dès le premier jour de son mandat, mais reste encore lettre morte depuis le 16 octobre dernier.
LE GABON AU 3e RANG AFRICAIN DE L’IDH EN 2009
Le Programme des Nations Unis pour le développement (PNUD) a publié le 5 octobre dernier son classement 2009 de l’Indice de développement humain (IDH), qui classe le Gabon au 103e rang mondial sur 182 pays, soit le 3e rang africain.
Libreville est donc passé, en 2009, devant Victoria (Seychelles), Praïa (Cap Vert), Tunis (Tunisie), Alger (Algérie) et Le Caire (Égypte) dans le classement 2009 de l’IDH. Il progresse de ce fait de 14 places par rapport à 2008, et de 19 places par rapport à 2007. Tandis que, au niveau continental, il passe au 3e rang africain, derrière la Libye, 55e mondial, et l’île Maurice, 81e mondial.
Le classement 2008 du revenu par habitant classait déjà le Gabon au 3e rang africain derrière la Libye et la Guinée Équatoriale, avec 10 941 dollars par an par habitant, soit un peu plus de 5 millions de francs CFA par an par habitant. Pourtant la Guinée équatoriale reste à la 118e place mondiale dans le classement 2009 de l’IDH.
Le trio de tête reste la Norvège, l’Australie et l’Islande, alors que la France n’arrive qu’au 8e rang et les Etats-Unis à la 13e place.
En bas du tableau, on retrouve le Niger, l’Afghanistan et le Sierra Leone. Au niveau de l’Afrique centrale, la République Centrafricaine arrive à la 179e place mondiale, la RDC à la 176e, le Tchad à la 175e, le Burundi à la 174e, le Cameroun à la 153e, le Congo à la 136e, Sao Tomé à la 131e et la Guinée Équatoriale à la 118e.
Les mauvaises notes du Gabon dans le “Doing Business 2010”
Durant l’année écoulée, le Gabon a encore reculé dans le rapport 2010 publié par la Banque Mondiale et la Société financière internationale (SFI) sur la facilité des affaires dans 183 pays. Ce qui n’arrange rien aux perspectives économiques du Gabon qui est passé à la 158e place mondiale sur 183.
La complexité des procédures, la lenteur des délais et le coût de la création des entreprises au Gabon ne font que polluer l’environnement des affaires et faire fuir les investisseurs. Pire, au lieu de se simplifier, le processus de création d’entreprise se complexifie, avec 58 jours nécessaires pour créer une entreprise en 2009, contre 46 en 2008. Ce, malgré la création de l’Agence de promotion des investissements privés (APIP) censé améliorer ces points.
Les principaux freins au fonctionnement optimal de l’APIP viendraient des problèmes de complaisance et de corruption, donc un problème de bonne gouvernance, en plus d’une forte présence d’entreprises informelles qui ne se soucient que très peu de légaliser leur situation.
Face à cette situation, le Conseil des ministres a décidé, en septembre dernier, de la réactivation immédiate du groupe inter-ministériel de suivi de l’environnement des affaires afin d’y impulser davantage de dynamisme et d’y lever les entraves. Les experts des ministères du Développement et de la Performance publique, du Commerce, de l’Économie et des Finances, de la Justice, de l’Intérieur, du Tourisme, du Travail, de l’Emploi et des PME/PMI, participeront à cette tâche placée sous la supervision de la Primature.
Si le Gabon veut conserver ses espoirs d’une économie émergente, il faudra donc faire le ménage dans les couloirs des affaires.
Le rapport “Doing Business” mesure la réglementation des affaires dans 183 pays. Depuis 2004, il tient compte des réformes réglementaires dont l’objectif est d’améliorer la facilité de faire des affaires, ceci en mesurant leur impact à travers 10 indicateurs. C’est un outil permettant aux autorités d’orienter les réformes et déterminer les aménagements procéduraux et juridiques prioritaires pour attirer les investisseurs et impulser le développement socio-économique.