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D.R. |
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«Nous avons appris par les médias que la signature de la convention entre le Gabon et le consortium chinois CMEC a été apposée à la Présidence de la République le samedi 24 mai 2008. Cette signature intervient au moment où la société civile regroupée au sein de la Coalition Publiez ce que vous payez et la plateforme Environnement Gabon avaient dénoncé les manœuvres du gouvernement visant à écarter certains acteurs clés des négociations des nouvelles clauses de la nouvelle convention, une renégociation intervenue à la suite de la protestation de la même société civile gabonaise sur le caractère indique du contrat signé en 2006.
En effet, alors que les séances de négociation d’un contrat qui profiterait aux intérêts du Gabon se déroulaient au ministère des Mines en présence de tous les acteurs impliqués, dont le représentant de la société civile depuis le mois de décembre, l’on annonce la suspension de celles-ci à la suite de nombreux désaccords entre la partie chinoise et les experts gabonais et leur reprise le 31 mars 2008, contre toutes attente, l’on apprend que deux membres du gouvernement se rendent en mission en chine accompagnés de quelques fonctionnaires sans associer les membres de la délégation gouvernementales chargée du contrôle et du suivi du projet Belinga, encore moins des gabonais siégeant au Conseil d’Administration de la COMIBEL.
Au cours d’une conférence de presse tenue dans les locaux de Brainforest au mois d’avril 2008, les organisations de la société civile avaient dénoncé cette démarche qui cachait une volonté de faire passer certaines clauses de la convention sur lesquelles les négociations achoppaient et que la partie chinoise ne voulait pas renégocier, comme par exemple le durée d’exonération d’impôts qui étaient de 25 ans dans le premier contrat et que les experts gabonais voulaient ramener à 10 ans maximum, ramener le périmètre de la concession minière de 7700 km2 à 600km2, la réalisation des études d’impact environnementale pour chaque étape du projet et non une seule étude, etc.
Au lieu de déplacer les autorités responsables du projet Belinga, pourquoi les responsables chinois de chaque composante dudit projet ne s’installent pas à Libreville de façon permanente, comme cela est prévu dans le procès verbal d’une réunion tenue entre une délégation gouvernementale et le CEMEC, le 20mai 2007 ?
Comment comprendre que les travaux de terrassement et d’aménagement des routes menant vers le site des chutes de Kongou n’aient pas été arrêtés au moment de la suspension du contrat de 2006 alors que l’absence des études d’impact environnemental fut à l’origine de la polémique entre le gouvernement et la société civile ?
Comment comprendre qu’un terrain de plus de 7000 km2 soit gelé autour de la concession minière au profit de la COMIBEL, alors que la zone s’exploitation et de dépendance n’excède pas les 600 km2 ? Faut il à la COMIBEL un terrain onze fois plus vaste que la concession minière qu’elle a sollicité pour rechercher les matériaux de construction ?
Comment expliquer que les 25 années d’exonération fiscales accordées à la partie chinoise dans le contrat litigieux soient maintenues, sachant que le retour sur investissement sera effectif après 8 à 10 ans d’exploitation ? A qui profitent réellement de telles facilités ? Et comment comprendre que la partie gabonaise confirme son engagement à supporter la responsabilité complète et assume tous les dommages directs et indirects environnementaux qui pourraient survenir en relation avec la réalisation du projet par la COMIBEL ?
Le contribuable gabonais est il disposé à endosser la facture des incidents graves causés par cette dernière ?
Autant de questions que se pose la société civile qui a, une fois encore, réaffirmé sa volonté de voir les intérêts des populations gabonaises définis et préservés dans les négociations en cours. Aussi a-t-elle renouvelé l’exigence pour toutes les parties de se conformer aux lois et règlement en vigueur en République gabonaise.
Tout en laissant le soin au Premier ministre de tirer les conclusions sur la mise à l’écart de la DGG en charge du suivi et du contrôle du projet Belinga, elle demande cependant «l’installation immédiate de celle-ci ainsi que la mise à sa disposition des moyens indispensables à l’accomplissement de ses missions».
En conclusion, elle met en garde les autorités responsables du projet Belinga contre une signature précipitée de la Convention qui ne respecterait pas les exigences de transparence et d’équité, ainsi que «sur certaines conséquences de leurs engagements qu’au fond, elle ne désirent peut être pas».
La société civile insiste sur la satisfaction des points suivants :
1- La réduction de 7000km2 500 m2 de la superficie de la concession attribuée à la CMEC ;
2- La réduction de 25 à 8 ans de la durée de l’exonération d’impôts accordée à la COMIBEL ;
3- L’abandon des chutes Kongou pour la construction du barrage hydroélectrique ;
4- Le refus de la prise en charge des dégâts environnementaux occasionnés dans le cadre de l’exploitation du gisement de fer de Belinga par la partie gabonaise ;
5- La réalisation préalable des études d’impacts environnementaux par projet avant le début des travaux. Car il ne s’agit pas d’une seule étude d’impact mais des études pour chaque phase du projet prévu dans le cadre de cette exploitation, etc.
Maintenant que cette convention est signée, il appartient à l’Assemblée nationale gabonaise de jouer son rôle de représentant du peuple, en examinant cette convention non pas dans l’intérêt personnel des individus au pouvoir et des intérêts chinois, mais pour l’intérêt du peuple gabonais et sa ratification en fait obligatoirement un texte de loi à la disposition de la population.»