Tournée nationale du CNJG : « Le Conseil de la Jeunesse ne reçoit plus de subventions de l’Etat », dixit Stéphane Ondias

vendredi 3 août 2018 Politique


Après la première étape de la tournée provinciale, initiée par le Conseil National de la Jeunesse du Gabonais que préside Stéphane Ondias, ce dernier en dresse un bilan à mi-parcours. Il revient également sur les difficultés rencontrées par son « institution », en sérieuse perte de vitesse à cause des difficultés financières.

Gaboneco (Ge) : Vous avez bouclé une tournée provinciale, quel était le but visé ?

Stéphane Ondias (SO) : Bouclée non, il nous reste encore deux grandes étapes. Nous avons l’Ogooué Maritime que nous entamerons ce jeudi pour rentrer dimanche à Libreville. Ensuite l’étape de l’Estuaire avec Ntoum, Libreville, Owendo et Akanda. Il s’agissait d’aller à la rencontre des jeunes sur l’ensemble du territoire national. Une recommandation émanant du premier forum de la jeunesse. De sorte que cette organisation soit plus proche d’eux. Et donc en 2017, il y a eu l’assemblée élective du conseil de la jeunesse et après des conseils provinciaux. Il était opportun que nous allions nous imprégner du fonctionnement de ces conseils provinciaux de la jeunesse. Nous avions profité de l’occasion pour expliquer aux jeunes les mesures prises par le chef de l’Etat.

Ge : Justement à ce propos pourquoi vous faites l’écho des mesures prises par le gouvernement ? Est ce que cela relève de vos prérogatives ?
I

SO : ll faut d’abord savoir que la jeunesse est transversale. Toutes les questions de la vie sociale, économique et politique de notre pays concernent la jeunesse. Le conseil de la jeunesse n’est pas une structure neutre. Il n’y a pas de restriction en termes de politiques publiques. Les jeunes se sont posés des questions sur le gel d’entrée à la fonction publique notamment à Mouila où nous sommes arrivés au moment de la proclamation du BAC. En tant qu’institution de la jeunesse, oui c’est notre rôle de se saisir de ces questions là afin d’apporter la bonne information, la bonne explication. Mais aussi recueillir les bonnes préoccupations et les soumettre aux plus hautes autorités.

Ge : Vous parliez du gel d’entrée à la fonction publique avez-vous appelé les jeunes à entreprendre ? Si oui, disposez-vous des moyens pour les accompagner ?

SO : Nous avons dit aux jeunes que la fonction publique ne peut plus accueillir tout le monde au regard de la situation économique. L’entreprenariat est une voie, mais nous leur avons aussi proposé le recyclage. Dans des pays développés aujourd’hui c’est une tendance. Au niveau de l’entreprenariat nous considérons que c’est une bonne chose d’entreprendre mais cela demande du courage. Il y a des mécanismes mis en place par l’Etat. Le conseil n’a pas de moyens, il fait un plaidoyer auprès des autorités. Nous avons présenté aux jeunes le FNAS qui appuie les AGR, le Fonds Okoumé pour ce qui est des PME. Il y avait un faussé communicationnel entre ces jeunes et les informations officielles dans l’arrière-pays. Nombreux pensaient que ces appuis étaient réservés qu’à une catégorie de jeunes. Nous leurs avons dit que c’est possible et accessible à tout le monde mais en apportant une innovation à des projets pour éviter d’avoir les mêmes projets que les autres.

Ge : Le nerf de la guerre, toujours au centre de tout, d’ailleurs nous réalisons cette interview dans les locaux du Conseil de la Jeunesse en état de délabrement avancé, comment l’expliquez-vous ?

SO : Merci en tant qu’ainé de vous approprier la question, car entre nous jeunes elle est devenue tabou. Effectivement, le conseil se trouve dans une situation un peu complexe. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’après le départ du Ministre des Sports, Dr Nicole Asselé, nous sommes restés plusieurs mois sans ministre de tutelle. Depuis l’arrivée du nouveau chef hiérarchique, nous attendons toujours que la tutelle se saisisse de la question. Le cadre dans lequel nous sommes appartient à un particulier, au moment de notre élection jusqu’au moment où nous fêtions nos un an, le propriétaire réclamait plus de deux ans d’impayés de loyer, c’est à peu près 3 ,5 millions de FCfa par mois. Il a purement et simplement interdit l’accès aux locaux.

Je peux dire que nous faisons cette interview dans ces locaux de manière illégale. Aujourd’hui, nous travaillons sans subvention de l’Etat. Nous n’avons aucun accompagnement de la part des partenaires techniques qui disent que nos prédécesseurs ont eu une mauvaise gestion de la chose publique. Ils disent qu’ils ne veulent plus traiter avec nous. Nous avons saisi les autorités et nous attendons leur réaction surtout après cette tournée qui veut jouer sa partition pour parler au nom des jeunes et aider les autorités a recevoir des informations pratiques sur les problèmes qui touchent directement notre secteur.

Ge : Dans le cadre du septennat de la jeunesse, avez-vous incité les jeunes à briguer des mandats aux prochaines législatives ?

SO : Nous avons dit aux jeunes d’être responsables. Nous avons rencontré des difficultés majeures à l’entame de notre tournée. Certains jeunes nous assimilaient à un parti politique et donc pour beaucoup il fallait qu’on donne un pécule pour venir assister à nos rencontres. J’ai d’abord fustigé cela auprès de mes jeunes frères en disant que lorsqu’on discute des choses qui nous concernent il faut montrer de l’envie et de l’enthousiasme. Après nous, (Conseil de la jeunesse), pourront avoir plus de forces face aux autorités que si nous avons l’adhésion des jeunes qui représentent notre base. Il faut qu’on arrête de penser que quand il s’agit de se retrouver on donnera 3 à 5 000 FCfa aux gens.

Le faire nous réduit face aux hommes qui brandissent de l’argent pour discuter avec nous. Car on ne doit pas réduire notre vote, notre droit pour 5 000 FCfa. Si aujourd’hui des autorités ne nous respectent pas et ne nous associent pas à certaines décisions c’est à cause de l’immaturité. Aujourd’hui on nous a donné des quotas, mais cela ne suffit pas car il faut d’abord qu’on ait des jeunes responsables, matures et républicains, capables de nous défendre valablement.

Ge : Personnellement, comptez-vous poser votre candidature aux prochaines législatives ?

SO : Non, je ne serai pas candidat, car j’ai un mandat de 3 ans renouvelable une fois. Pour être candidat, il faut avoir 32 ans, aujourd’hui j’en ai 28. Si mon bilan est défendable, je briguerai certainement un autre mandat à la tête du Conseil. Le plaidoyer doit être fait par ces jeunes qui vont briguer un mandat à l’Assemblée nationale afin que le Conseil quitte le statut d’association à institution comme l’avait annoncé le chef de l’Etat en 2013 lorsque nous lui remettions le rapport sur la politique de la jeunesse.

Ge : Quelles sont vos relations avec l’équipe sortante du CNJ ?

SO : Nous avons une relation de simple connaissance. Il faut dire que dès notre arrivée, je n’ai pas envie de dire que nous pratiquons la politique de la main tendue. Nous avons demandé à l’ancienne équipe de venir nous aider, connaissant son expérience. Cette ancienne équipe a pensé que nous étions manipulés, des personnes à la solde des autorités, en mission commandée pour récupérer le conseil. Nous avons eu depuis le départ des relations qui ont faussé la donne. Il y a une situation de méli-mélo avec certains présidents de conseils provinciaux qui allaient auprès de nos prédécesseurs. Et cela a crée une confusion entre des personnes qui pensaient qu’on était venu les chasser et d’autres qui croyaient en nous.

Ge : Après votre tournée à l’intérieur du pays, quel bilan dressez-vous des premières étapes ?

SO : Premièrement, on a réussi à mieux nous faire connaître, surtout à Tchibanga et Oyem où nous avons drainé un peu plus de monde. La remarque qui revenait souvent est qu’on ne nous connaissait pas. Après, ça été un satisfecit, mais aussi des regrets car on a remarqué qu’au sein des conseils provinciaux il se pose un problème de communication. C’est une action qu’il faut pérenniser, nous appelons les autorités à nous accompagner. J’ai demandé aux responsables des conseils provinciaux d’être neutres, de ne pas afficher leur appartenance politique.


Propos recueillis par Pacôme IDYATHA

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