Trans’Urb vs Sogatra : Risque de cannibalisation évident

jeudi 18 juillet 2019 Economie


Annoncé il y a plusieurs semaines déjà, c’est en août, dans quelques jours, que la nouvelle société de transport urbain devrait débuter ses activités. Une société créée dans le but de suppléer l’offre de service de la Société gabonaise de transport (Sogatra) en proie à des difficultés de fonctionnement depuis plusieurs années et qui devrait par conséquent porter un coup fatal à cette dernière.

Répondre avec efficacité à la forte demande de transport en zone urbaine, au regard de l’explosion démographique de la ville de Libreville et améliorer la fluidité du trafic avec en prime, la limitation de l’utilisation des véhicules à usage personnel, tels sont les objectifs assignés par le gouvernement à la nouvelle entreprise de transport, Trans’Urb. « La création de cette deuxième société de transport urbain vise à l’amélioration de l’offre publique de transport collectif de masse  », avait déclaré le Porte-parole du gouvernement, Rigobert Ikambouayat Ndeka.

Dotée d’un parc automobile de 300 véhicules, la société devrait débuter ses activités en août et évoluer parallèlement à l’existence de la Société gabonaise de transport (Sogatra) qui, depuis plusieurs années, éprouve des difficultés de fonctionnement en raison notamment de nombreux déboires dû à une mauvaise gestion. Si les autorités rassurent de ce que la Sogatra ne mourra pas avec la création de la Trans’Urb, il paraît presque évident que la mise en service de cette nouvelle société devrait porter un coup fatal à sa grande sœur en proie à des sérieuses difficultés de fonctionnement.

Cette possibilité est d’autant plus réaliste qu’au lieu de créer une nouvelle société dans la même veine que la Sogatra, le gouvernement aurait gagné en cherchant à solutionner les problèmes de cette entreprise tout en essayant de maximiser sur sa gestion afin que l’entreprise retrouve une stabilité financière. Or, au lieu de suivre cette voie, le géré par Julien Nkoghe Bekale a préféré signer l’acte de naissance de Trans’Urb. Ce qui involontairement poussera la Sogatra vers une mort certaine, du fait de la concentration à tous les niveaux que nécessitera la nouvelle entreprise. Le principe est marketing et il paraît évident que la Sogatra ne devrait pas échapper à la spirale de ce principe.

Dès la mise en service de cette société dans quelques semaines, il faudra donc compter quelques mois, sauf coup de chance, pour voir la fin de l’historique entreprise de transport urbain. Trop d’indicateurs en interne présagent cette possibilité. Sans un apport financier important pour régler la question des salaires impayés, les dettes de l’entreprise et remettre sur pieds la dizaine de bus en panne, la Sogatra est appelée à mourir tout doucement tout en laissant la place à Trans’Urb.


Michaël Moukouangui Moukala

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