Tronçon routier : S.O.S La route du Cap Estérias

lundi 6 août 2018 Société & environnement


La route menant du premier campement au Cap Estérias (13 km) dans le premier arrondissement de la commune d’Akanda (au nord de Libreville) est très fréquentée. Seulement voilà, les riverains et automobilistes se plaignent de l’état de dégradation avancée du goudron. Ils interpellent donc le gouvernement et la mairie d’Akanda pour en assurer l’entretien.

Du goudron en décrépitude, du gravier visible et plein de nids-de-poule le long de la route : voici le décor de la route du cap Esterias. Et cela pose problème. Cette voie qui conduit au Cap Esterias, à l’arboretum Raponda Walker, à l’école nationale des eaux et forêts, dans la forêt classée du Cap, dans la petite commune rurale du Cap et autres sites touristiques est abandonnée par le gouvernement. Réhabilitée vers 2010-2011, la pose du goudron avait satisfait les populations de cette localité. Quelques années après, il n’y a toujours pas de suivi en termes d’entretien. «  L’état ne joue pas son rôle et c’est cela qui est dommage. La dernière fois que cette route a été entretenue c’est en 2016 lors du passage de la Tropicale Amissa Bongo (7e et dernière étape, le 24 janvier). Aujourd’hui regardez comment la route est en train de se dégrader sans que personne ne bouge pour trouver une solution. Il faudrait donc chaque mois organiser la Tropicale pour constater l’entretien de notre route. Ce n’est pas normal  » déclare un riverain se rendant au quartier Balise.

«  La dernière fois un bus de la SOGATRA (Société gabonaise de transport) a failli entrer en collision avec un véhicule à cause des nids-de-poule qui se multiplient dangereusement sur cette route. De nombreux accidents se sont déjà produits à force de vouloir éviter les trous. Le gouvernement doit corriger ça rapidement » explique un autre riverain.

Cette route est pourtant très empruntée par les dirigeants de ce pays qui se rendent très souvent les weekend, en villégiature au Cap Estérias pour bénéficier des atouts touristiques de cette localité. Mais jusque-là, l’état de dégradation de la route ne semble pas capter l’attention des dirigeants. Selon un conseiller municipal de la commune d‘Akanda « Ce n’est pas tout de construire une route. Il faut aussi penser à l’entretenir. Et cela est du ressort du gouvernement par le canal du ministère des travaux publics. Les collectivités locales n’ont pas les moyens certes, mais la mairie d’Akanda peut faire au moins l’effort de boucher correctement les trous. Les responsables de cet arrondissement ne s’intéressent qu’au foncier en s’appropriant les terres des populations. Un problème aussi sérieux que l’entretien de la route ce n’est pas leur souci. »

Assise à bord d’un véhicule stationné pour acheter des légumes au mini-marché se trouvant à côté du chantier de la futur école du tourisme (les travaux sont à l’arrêt depuis des années ndlr), une dame avec un ton autoritaire prend la parole en disant « Vous pensez que ces gens-là sont sérieux ? C’est quel genre de goudron ça ? L’épaisseur du goudron n’est même pas aux normes. C’est normal que le goudron qu’on a mis hier se dégrade vite comme ça. En tous cas c’est du saupoudrage qu’ils ont fait. »

A côté de la dégradation avancée du tronçon, il se pose aussi le problème de l’ensoleillement de la route et du débroussaillage des accotements de cet axe. « Je tiens pour responsable la commune d’Akanda qui n’a pas le souci de couper l’herbe qui jonche la route. C’est extrêmement dangereux dans les croisements la journée de ne pas voir, celui qui vient de l’autre côté. » Déclare un homme âgé tenant son verre de vin de palme en main. Dans le sillage de la conversation, un autre ajoute « La mairie doit engager les jeunes de tous les villages environnants pour tailler l’herbe et autres plantes des deux côtés de la route. Cela va non seulement éviter les accidents parce qu’il y aura une bonne visibilité mais en plus cela va aussi aider les piétons qui ne sont pas à l’abri des morsures de serpents. »

Les pratiques d’autrefois doivent êtres bannies pour céder la place à une nouvelle gestion de la chose publique qui placent au centre de la politique l’intérêt supérieur des populations. C’est tout le sens de l’avis d’un instituteur retraité «  Il est encore possible de rectifier le tir. Nous invitons les autorités à bien faire leur travail. S’occuper de la route c’est aussi veiller à tailler l’herbe qui jouxte la rue d’autant qu’elle est déjà étroite. Nos dirigeants doivent penser d’abord à l’intérêt des hommes sans cela rien ne sera possible. Ce n’est pas sorcier de le faire. »

Au-delà, de la route du Cap Estérias, le problème de l’entretien des routes est crucial au Gabon.


YAO

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