UOB/Destruction du « Bunker » : La nouvelle distraction du gouvernement

lundi 21 octobre 2019 Société & environnement


Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, passe de la parole à l’acte. Lui qui, quelques jours plutôt, lors de son meeting devant les acteurs de l’enseignement supérieur, avec à la clé une visite de l’université Omar Bongo, annonçait déjà la destruction du tristement célèbre « Bunker », lieu de tous les trafics, planté là au beau milieu d’un établissement baptisé ‘’temple du savoir’’.Une destruction dont le coup d’envoi a été d’ailleurs donné par Julien Nkoghe Bekale en personne vendredi dernier.

Plutôt que de parler de gâchis, c’est la matérialisation même du cynisme écœurant du gouvernement. Lequel, incapable de construire des infrastructures modernes pour un enseignement universitaire de qualité, adapté à la compétitivité intellectuelle planétaire, choisit aujourd’hui de détourner l’attention par la destruction d’un projet pourtant ambitieux, mais qui aura englouti des sommes considérables d’argent du contribuable gabonais, qui peine lui-même à joindre les deux bouts.

Car plusieurs fois entamé puis abandonné depuis plus d’une décennie, le bâtiment de construction d’une bibliothèque dernière génération et adaptée à l’évolution des disciplines enseignées à l’université, tombe désormais sous les coups de pelles d’engins mobilisés pour cela. Et comme pour de nombreux projets au Gabon, ici aussi les millions ou milliards investis dans cet éléphant blanc, risquent de ne pas être élucidés puisqu’il n’y a dans l’esprit du gouvernement que la simple ritournelle de la destruction d’un lieu jugé contraire à l’éthique universitaire. Et cela, sans que Nkoghe Bekalé lui-même, qui dit être « le pur produit » de l’UOB n’ait songé à se demander, en toute honnêteté, comment ce projet, vieux de plusieurs années a été maintes fois abandonné puis repris avant de virer définitivement à un éléphant blanc.
Quelle était l’entreprise chargée d’exécuter les travaux ? Combien de millions ou de milliards avait-on mobilisés pour cette construction ? Les travaux exécutés jusqu’ici, "factures à l’appui", correspondent-ils réellement aux montants décaissés ou encaissés ? Quel était le responsable chargé de la supervision des travaux ? Pourquoi ces travaux ne sont-ils pas allés à leur terme ?

Toutes ces interrogations évidemment, ne peuvent résonner à la lisière de la conscience du gouvernement, qui préfère s’attaquer au mal plutôt qu’à sa racine. Car choisir de détruire un bâtiment qui a englouti des sommes colossales dont on ignore jusqu’ici le montant exact, au regard de l’opacité justement qui prévaut pour ce genre d’éléphants blancs, en refusant de terminer sa construction, c’est comme participer au gaspillage programmé par ceux qui étaient en charge de l’exécution des travaux de ce fameux « bunker », devenu le centre de gravité des vices de tout genre. Puisque que là, dans les entrailles de ce fameux éléphant blanc tout y a cours : vente et consommation de chanvre, drogue, prostitution, braquages à la nuit tombée, la liste est loin d’être complète.

Puisque la nature, dit-on, a horreur du vide, surtout pour une université abandonnée depuis longtemps au diable parce que ne répondant pas au principe d’adéquation formation-emploi, nous ressasse sans gène, un gouvernement jouant aujourd’hui le rôle deu sapeur-pompier face à une situation créée pourtant par lui-même. Tout cela au nom d’une prétendue « nouvelle gouvernance universitaire ». Voilà la fuite en avant servie chaque jour aux populations désabusées par des annonces manifestement sans lendemain pour l’essentiel.


Leno Koleba

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