UPG : L’Exemple du parti politique à la gabonaise !

jeudi 8 mars 2018 Politique


Qu’est-ce qu’un parti politique ? La question mérite aujourd’hui plus qu’hier d’être posée tant elle suscite moult commentaires au demeurant inutiles. L’on pouvait comprendre du temps du parti unique, c’est-à-dire pendant la période allant de 1968 à 1990, que tous les Gabonais, qu’ils l’aient voulu ou pas, ne veuillent pas s’intéresser à la question pour des raisons visiblement indépendantes de leur volonté, aujourd’hui, la multitude de défections ou de revendications de la paternité d’une formation politique, caractérisés par la transhumance ou les procès à n’en plus finir, quand ce ne sont pas simplement des sanctions prises au sein des partis politiques, qui finissent par ternir leur image, sont propres à poser au grand jour la préoccupation idéologique, la seule qui devait à nos yeux, garantir l’unité et la stabilité pourtant tant évoquées par les leaders. Ce qui se passe à l’Union du peuple gabonais, UPG, est caractéristique de la réalité de mise dans les différents groupes politiques au Gabon auxquels l’on adhère par instinct grégaire, par mimétisme ou encore de façon intéressée.

« Il n’est de vérité que le temps ne révèle », nous apprend-on. À moins que l’on se trompe, encore faut-il que cela nous soit démontré, le climat prévalant au sein de la formation politique de feu Pierre Mamboundou Mamboundou n’est pas propre à ladite formation. Mais il demande cependant à revisiter les fondamentaux, les bases qui fondent la cohabitation entre citoyens sensés se nourrir de la même sève et défendre les mêmes arguments dans le but de presser le développement. En Europe, continent dont on s’est toujours inspiré pour bâtir notre modèle démocratique, soit l’on se dit de droite, soit l’on proclame son appartenance à la gauche ou au centre, chacun de ces courants renvoyant à une discipline quasi-parfaite en harmonie avec ses convictions profondes.

Ou l’on se déclare proche des classes ou couches dites défavorisées pour l’éclosion desquelles on dit travailler, ou on se tient très proche des capitalistes, de ceux qui possèdent, auquel cas l’on prône ouvertement ce que des gens comme Karl Marx ont qualifié « d’exploitation de l’homme par l’homme », ou l’on penche pour une gestion modérée de la société qui intègre astucieusement ces valeurs, affirmant par exemple que l’on n’est pas pour l’acceptation de la pauvreté, pourvu que l’acquisition des biens repose sur des procédés justes. Or, en dépit des déclarations fusant de partout sous nos cieux, il est difficile de situer véritablement l’idéologie ou la culture de nos formations politiques, de telle façon que l’on se pose souvent la question de savoir si ces dernières ne caressent pas le même idéal et ne sont pas condamnées à vivre un sort identique.

Comme un effet d’entraînement !

Combien d’ailleurs sont-elles à avoir survécu au décès de leur créateur ? Pourquoi ? Autant d’interrogations qui mettent en évidence leur fragilité liée essentiellement au fait que le leader n’ait pas prévu d’autre scénario que celui qui l’impose à la tête du parti, ce qui peut dans un tel contexte se comprendre, avec tout ce que cela comporte de népotisme et de cooptation. D’où l’on parle avec insistance de partis familiaux, régionaux ou claniques. Il en va de même pour l’UPG dont les membres des familles biologiques des pères fondateurs, feus Mamboundou Mamboundou ou Dukakas Nziengui-Moukwaty en l’occurrence, tiennent à gérer la formation politique comme on le ferait d’un titre foncier. Ce qui, vous vous en doutez, est loin de plaire aux « camarades » qui se sentent, eux-aussi, concernés par la vie de celle-ci. Nombre d’entre eux allant même jusqu’à évoquer une histoire intimement liée à la vie du parti, à raison à y regarder de très près. Mais, est-ce suffisant pour se targuer d’être investis du devoir de lui donner la coloration que l’on veut ? De qui les fameux « Mamboudouistes » ont-ils en effet reçu l’autorisation de se proclamer héritiers de feu Pierre Mamboundou Mamboundou ?

Surtout lorsque l’on se réfère au rendu du tribunal qui accorde à Mathieu Mboumba Nziengui l’autorisation de parler au nom de l’UPG. Quoiqu’il y ait là aussi matière à redire. Quel but se fixent finalement les « Mamboudouistes » se réclamant bizarrement de l’opposition dite républicaine comme pour signifier qu’il y en ait qui soit anti-républicaine ? Pareille jeu de mots est susceptible de prêter à confusion si l’on part du principe selon lequel il est aujourd’hui coutumier que l’on s’affuble d’un tel qualificatif pour taper dans l’œil des tenants du pouvoir pour s’offrir leurs bonnes grâces, ce qui pourrait expliquer, sans qu’ils ne soient nommément cités, la présence au sein de ce courant de certaines personnalités avides d’ascension et plutôt portées vers le lucre. Combien de militants comptent aujourd’hui l’UPG pour oser se morceler à nouveau ? Quelle signification donnent aujourd’hui les membres de cette fraction au symbole que traduit par exemple la cravate ou le vêtement rouge ? L’Union du peuple gabonais a-t-elle fini d’être ce regroupement de Gabonais voulant d’un pays meilleur pour la jeunesse pour constituer un noyau supplémentaire de phallocrates avides de biens, prêts à tout pour se servir des populations comme tremplin ?

Et les autorités politiques, quelle réponse apportent-elles à ce type d’imbroglio si, elles-mêmes, ne sont pas mues par le désir de diviser pour mieux régner ? S’est-on posé la question de savoir combien de scissions il y a au sein de nos formations politiques et sur quoi elles débouchent (la formation de partis lilliputiens) pour qu’il soit vite mis fin à ce phénomène qui ne garantit pas l’équilibre sociopolitique dans un État à peine peuplé de deux millions d’habitants et qui peine à se réaliser ? Dans quel intérêt laisse-t-on faire ceux dont la seule volonté est de transgresser la logique républicaine en invitant de plus en plus le doute dans l’esprit le plus fragile ?


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs