Zones franches africaines : Quel impact économique pour le continent ?

vendredi 29 mars 2019 Economie


Pourquoi la création des zones franches en Afrique ? Quel impact ces zones ont sur les économies du continent ? Sont-elles vecteurs de développement notable pour les pays du continent ? C’est pour répondre à ces questions substantielles que l’Organisation africaine des zones franches (AFZO) a organisé mercredi 27 mars, au sein du complexe hôtelier Radisson Blu de Libreville, son atelier annuel axé sur « l’impact des zones franches dans l’atteinte des objectifs de développement économique durable en Afrique ».

Les changements intervenus dans le commerce mondial ont contraint les dirigeants africains à repenser la participation du continent au commerce international, par la création des zones franches ou zones économiques qui sont des leviers de développement. Evaluées à plus de 5000 à travers la planète, le continent en compte plus de 200, mises en place dans le but ultime d’attirer des nouveaux investissements directs étrangers afin de développer l’industrie du continent grâce à des installations appropriées à même de faciliter des activités industrielles, logistiques et de service. Si le continent connait un saut qualitatif dans ce sens, en dépit des nombreux défis auxquelles ces zones doivent faire face, il reste que le fonctionnement, le rôle et l’impact de ces zones demeurent presque inconnu en Afrique.

Promouvoir ces nouveaux leviers d’attractivité économique du continent, c’est la mission que s’est donnée l’Organisation africaine des zones franches (AFZO). Créée en novembre 2015 sous l’impulsion des dirigeants des zones économiques et zones franches de trente (30) pays du continent, l’association fournit une assistance stratégique et technique, en identifiant les opportunités commerciales et en promouvant des modèles et pratiques de développement économique durable. Après le Ghana en décembre 2018, c’est vers le Gabon, pays membre que l’organisation s’est tournée pour organiser son atelier annuel. Axé sur « l’impact des zones franches dans l’atteinte des objectifs de développement économique durable en Afrique », la tenue de cet événement au Gabon redéfinit l’AFZO dans son objectif continental. « Nous avons tous un objectif commun : faire émerger notre continent, notamment à travers le développement de ses zones franches  », a souligné le Secrétaire général de l’AFZO, Ahmed Bennis.

Le déploiement des zones franches en Afrique, leur impact sur le rendement des économies du continent paraît aujourd’hui presque évident. La Zone économique spéciale à régime privilégie (Zerp) de Nkok, située à une trentaine de kilomètres de Libreville, la capitale gabonaise, visitée par les organisateurs et experts de l’AFZO, est un bel exemple qui illustre le dynamisme des zones franches en Afrique. Développée en 2011 sur la base d’un partenariat public privé (PPP) entre le Gabon et le groupe singapourien Olam, à hauteur de 1500 milliards de francs CFA, la zone se positionne aujourd’hui comme un véritable pôle de l’industrialisation du Gabon grâce à 88 entreprises dont les activités gravitent autour de la transformation du bois, de l’acier, des produits agricoles et autres. « L’exemple et les enseignements que nous inspire la Zone économique spéciale de Nkok, créée en 2011 sont nombreux. D’abord, vous avez la formidable réussite qu’elle a contribué à structurer qu’est l’industrialisation de la filière bois grâce au nombre d’implantation d’usines. Le Gabon désormais a transformé son secteur bois en moins de 10 ans contribuant à la création de 3600 emplois » a fait constater le ministre de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou.

La « coexistence » du régime privilégié et du régime commun offre à la Zerp de Nkok un avantage comparatif qui illustre son caractère attractif. En moins de 10 ans, les efforts consentis par la joint-venture Etat Gabonais et le Groupe Olam international ont permis de booster la contribution de la zone. Avec désormais 30% des exportations nationales, la Zerp de Nkok est devenu un pôle stratégique pour l’économie nationale. L’administrateur directeur général de la zone de Nkok, Gabriel Ntougou, perçoit ce « modèle de développement » comme la meilleure alternative possible face aux rigidités du climat des affaires au Gabon en particulier et en Afrique en général.


Michaël Moukouangui Moukala

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