Aubameyang et Ecuélé victimes collatérales d’un système footballistique au pied d’argile

La dégringolade du football gabonais ne date pas d’aujourd’hui et les réalités de ce marasme ont une fois de plus été mises à rude épreuve lors de cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations qui se joue au Maroc. Dave Moubélé Pendi a donc naturellement fait une analyse profonde sur le cas Aubameyang et celui du capitaine Ecuele Manga sur Gaboneco.

Trois sorties pour autant de défaites, il faut le faire, pour une sélection dont on n’a pas cessé de féliciter le ratio individuel du talent dont elle regorge. Mais en réalité les résultats qu’a enregistrés le Gabon dernièrement ont été un peu comme l’arbre qui cacherait le malaise permanent au sein du corpus de gestion de notre football dont les incursions extérieures et intérieures ont participé à plomber la dynamique de groupe.

Tant le Gabon éprouve des difficultés à laisser les uns et les autres s’exprimer selon que l’on soit dans son couloir de prédilection, jetant ainsi au passage l’opprobre sur toute une nation qui s’est fait ridiculiser à la face du monde lors de cette compétition.

Trop d’ingérence à tel point que l’on se demande si les seules têtes sanctionnées sont celles qui le méritent au regard de la bérézina orchestrée durant cette CAN. En 2018 déjà, pareille décision avait été prise avec pour corollaire la suspension de la sélection nationale. En ce temps-là, les effets induits de cette mesure ont apporté quoi de concret à l’équipe nationale ?

La rengaine étant la même, l’on est en droit de nous demander si le problème n’aurait pas des origines assez lointaines pour ne faire porter le chapeau qu’aux seuls : Aubameyang, Ecuélé et au staff technique ? Ces deux joueurs ont su porter le pays par le passé. La sortie de Pierre-Emerick l’atteste à suffisance : il n’est pas le problème.

Salaire de Pierre-Emerick Aubameyang, records, statistiques et plus

Le mal est profond et il faut impérativement professionnaliser l’environnement de notre sélection, et ceci passerait par des réformes fortes, courageuses et audacieuses tout en préservant le lead d’avec les instances faîtières du football du continent africain et du monde (la FIFA), sans pour autant que l’on ait à crier à une nouvelle ingérence de la politique dans les affaires du foot.

Oui, le staff technique a été défaillant mais ayons le courage de toucher là où cela fait mal. Les problèmes sont connus de tous : absence du championnat pour cause d’un modèle économique défaillant. Personne n’ose porter sur lui les réformes pourtant capables d’assurer un meilleur équilibre de notre football. Les idées foisonnent de partout à cet effet. L’échec est un résultat vers la construction d’un lendemain meilleur. Pourquoi vouloir à tout prix casser dès que la difficulté se présente à nous ?

Le sport nous a toujours enseigné que les victoires de demain s’inscrivent dans la durée et surtout dans une continuité assumée. Oui, le staff a flanché, peut-être par écart abyssal du niveau des adversaires coriaces rencontrés durant cette phase de poule. Il nous faut assumer le lourd passif non élogieux pour la nation en reconnaissant les torts à tous les échelons possibles de la chaîne de commandement de notre football.

L’exécutif qui aujourd’hui sanctionne n’est pas exempt de tous reproches quant à ces immixtions dans la gestion de cette équipe aux multiples décideurs. D’un côté, la fédération qui répond de droit devant les instances que sont la CAF et la FIFA, le Ministère qui porte les politiques publiques sur le plan sportif et l’exécutif qui parfois s’inscrit dans un dépassement de fonction qui n’est pas de son ressort.

De cet imbroglio, l’on se demande si nous ne sommes pas dans un schéma où le serpent se mord la queue ? Parce qu’en réalité, cette décision sonne comme du déjà vu. Le Gabon a ratifié des conventions à l’international, l’obligeant à se conformer à la norme de ces organisations-là. En mars, qui arrive à grand pas, le chantier des éliminatoires va connaître une nouvelle aventure.

Avec quel staff irions-nous ? Avec quels joueurs seront à nouveau sur les stades du continent ? Aurions-nous entretemps remis le championnat national sur les rails d’ici à avoir une sélection nationale stable et très capable de battre tous ces adversaires, même les plus irréductibles ?

Voici des questions qui sont en droit d’obtenir des réponses fortes de la part de l’exécutif, qui vient justement de porter à la tête de ce département ministériel Paul Ulrich Kessany, un footballeur qui connait les enjeux très exigeants du professionnalisme, qui requiert non seulement une organisation minutieuse, audacieuse et cohérente sur toutes les lignes. Réponse attendue dans 100 jours tout au plus.

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