La Fédération Gabonaise de Football a reçu 589 dossiers de candidature sur sa table pour le poste de sélectionneur national. Du jamais vu par le passé. Une situation qui a fait réagir le journaliste émérite de la chaîne nationale Gabon Première, Dave Moubélé Pendi. Ce dernier a fait une analyse sur les colonnes de Gaboneco, et donne son avis sur ce fait inédit dans l’histoire du football gabonais.
Qu’est-ce qui fait tant courir à la porte des Panthères du Gabon ?
Les tractations vont bon train dans les milieux du football gabonais. Un chiffre record, 589 dossiers réceptionnés par le secrétaire général de l’instance faîtière du football local. Une seule question aiguise notre appétit, celle de savoir ce qui peut tant susciter l’intérêt des uns et des autres à prioriser la destination Gabon pour diriger la sélection nationale ?
Entre projet sportif et enjeux financiers astronomiques, il va falloir redéfinir les axes prioritaires pour définitivement savoir l’origine de cet engouement qui attire les vrais et les apprentis à se dresser vent debout face aux conditions d’éligibilité pourtant relevé au poste du futur sélectionneur national du Gabon.
Ces conditions si exigeantes, qui sont pourtant l’élément central pour trancher sans complaisance sur cet étonnant chiffre qui donne matière à réflexion. Prenons sur la base de trois grands lots de ces postulants venus d’horizons diverses. Ceux qui sont Africains résident sur le continent. Ceux venus spécifiquement du Vieux Continent. Enfin ceux qui veulent pour la première fois s’essayer à la tête d’une sélection nationale.
Non à l’expérimentation
Commençons justement par cette dernière catégorie : Le Gabon n’est pas un champ d’expérimentation, cela doit être pris pour dit. À la commission chargée de choisir le futur sélectionneur de se montrer intransigeante sur le sujet. Pas de place pour des blagueurs.
La compétence continentale
Un tri minutieux sur la question est envisageable. Cette tranche de techniciens chevronnés et rompus à la tâche doit faciliter le travail méticuleux de la commission du choix du sélectionneur national. Le vécu sur le continent, le passif élogieux sur la scène continentale doivent servir d’éléments d’évaluations du choix au poste.
Oui, la piste africaine s’est longuement bonifiée ces 15 dernières années. La tendance l’a encore démontrée lors de la dernière CAN. Les demi-finalistes de la CAN marocaine ont tous été originaires d’Afrique. Preuve manifeste de ce que quand le projet sportif est cohérent, l’enjeu du jeu se porte de mieux en mieux. Il faudra de l’audace pour s’extirper des vielles combines. Ne laisser que la meilleure offre l’emporter.
La course au gain et non au développement du projet sportif
Enfin, la piste occidentale, celle des retraités d’une autre époque qui n’ont en toile de fond que l’appât du gain pour s’assurer une fin de carrière glorieuse sur le plan financier. Haro les salaires mirobolant qui, très souvent, ont fait courrir ces »sorciers-blancs » sans réelle vision globale de développement du football à la base. Il faut un visionnaire, qui à la fois doit pouvoir incarné la rupture et introduire de la nouveauté sur une durée raisonnable, une olympiade pourquoi pas.
Osons l’audace
Ce qui manque aux Gabonais, le courage de la patience et de la construction sur le long terme. L’esprit de l’immédiateté doit pouvoir également cesser si tant est que le pays veut récolter durablement sur le long terme. Rechercher la stabilité passe par des décisions courageuse et inclusive qui doivent prendre en compte toutes les composantes de la chaîne de la réussite : de la formation à l’élite, le projet s’annonce coriace, mais c’est le prix à payer si nous voulons solidement nous ancrer dans le top 10 africain. En toute sincérité, ce chiffre 589 marque t-il une envie réelle de proposer un projet sportif cohérent ou bien l’offre financière souvent onéreuse gabonaise est celle qui fait saliver ?
Wait and see…

